Convertir la colère en sagesse

L’autre jour, j’allais donner un coup de main à des amis. Sur la route, à un moment il y a e  une déviation. D’habitude je continue quand même, me disant que ça va bien passer. Surtout là, un dimanche. Eh ben non, je me suis dit allez je vais être obéissante pour une fois, et je suis les panneaux. Mal m’en a pris car la déviation m’a fait revenir sur mes pas de 20 kilomètres. Et là, rage totale, la goutte qui fait déborder le vase. Essence inutilement cramée, retard en vue, etc. Et toutes les turbulences du moment. J’ai senti l’eau qui bouillait et me suis laissé hurler dans la voiture pendant de longues minutes. Cela dit, je me suis bien rendu compte que c’est après moi que j’en avais (d’ailleurs, en avons-nous jamais après quelqu’un d’autre que nous ?), après tout j’avais fait un choix.

Et puis, cette semaine je lis des bouts du livre « La colère » de Thich Nhat Hanh : selon lui, les méthodes dérivatives comme taper sur un oreiller sont non seulement inefficaces mais dangereuses : on croit qu’elles soulagent, mais en fait c’est parce qu’on est crevé et qu’on n’a plus d’énergie pour exprimer la colère, mais cette dernière reste bien là, tapie dans un coin, jusqu’à la prochaine fois. Comme il dit, cela « arrose et renforce nos graines de colère » au lieu de les remplacer par une énergie positive.

Donc, en cas de colère, accueillir, bercer, regarder en face. Je m’en occupe tendrement, quoi. Et je fouille dedans pour accéder à la tristesse, et je fouille dans la tristesse pour accéder au besoin non respecté qui demande à être vu et pris en compte. Merci Thich.

PS : sur le site personnel de Thich Nhat Hanh, un topo sur sa vision de la colère.

Repentir

Bon, en ce moment y’a de la turbulence, encore. Tiraillements entre une décision puis son contraire, bouton confiance on-off, et, surtout, précarité financière. Car je me rends compte que c’est cette précarité qui me fait flageoler, régulièrement. Chaque turbulence est dûe à une info d’ordre financier dans le sens de la limitation, et dont mon mental s’empare pour me dire « tu vois, tu es dans la galère, faut dire ce qui est c’est la mouise, tu vas pas t’en sortir, tu as fait de mauvais choix, tu es trop ci, pas assez ça et qu’est-ce qu’on va devenir. » Et là, petit clin d’oeil perso à Carole avec qui j’ai échangé à plusieurs reprises sur le besoin de sécurité financière. je pense beaucoup à toi en ce moment !

Hier, j’ai pu faire le point sur ma situation avec mon amie « madame K » qui m’a bien aidée à y voir clair. Mais ce que j’ai surtout en tête après cet échange, c’est combien j’ai eu des paroles dénuées de bienveillance sur plusieurs personnes avec qui j’avais eu des échanges compliqués. Un peu façon « humoristes », qui balancent des formules calibrées pour faire rire, mais dévalorisantes pour l’autre. C’est exactement comme ça que je vois ces quelques phrases prononcées hier. Alors c’est sûr, les formules percutantes, mais bon énergétiquement y’a mieux.

Le lien entre ça et le 1er paragraphe de ce billet ? Je crois que tout est lié. Et que tout ce que je dis ou fais qui ne relève pas de la bienveillance envers autrui me revient dans la figure d’une manière ou une autre. Et puis, en creusant un peu, j’ai vu l’effet miroir que ces personnes me renvoyaient : elles n’ont fait que me montrer ce que j’avais à travailler, et je leur sais gré pour ces leçons.

L’autre jour, j’ai tiré une carte-oracle du « Tarot de la transformation » d’Osho : c’était celle du repentir, assortie de l’enseignement suivant (très résumé) : un maître soufi est torturé, lapidé. Un de ses amis, lui, lance une rose. Bien sûr, il ne veut pas lui lancer de pierre, mais il a peur d’être torturé lui aussi par la foule s’il ne se mêle pas à la curée. Alors, il lance quelque chose, et c’est une rose. Le maître soufi rigolait pendant qu’on lui coupait les pieds et lui lançait des pierres, mais là il pleure. Il pleure pour son ami conscient de la situation mais qui se compromet et agit par peur. Alors que les autres agissent par ignorance.

Au moment où j’ai tiré cette carte, comprenais pas. Alors que hein, on te dit tout le temps de lâcher la culpabilité, de t’accepter comme tu es, etc. Mais après mes quelques dérapages verbaux d’hier, je saisis très bien le message. Une petite séance d’O’Hoponopono (voir sur le site de Luc Bodin, par exemple) est de circonstance. Et du nettoyage quotidien, la cultivance des énergies positives.

La nostalgie de l’ailleurs, conférence d’Arouna Lipschitz

Je viens de voir cette vidéoconférence publiée dans le cadre du « Sommet de la conscience » (série de webconférences gratuites sur inscription) : Arouna Lipschitz y fait brillamment le lien entre les difficultés du vivre, ici, dans cette incarnation, et la nostalgie de cet ailleurs où règnent. l’amour et la paix. Magnifiquement éclairant !

Si vous avez le temps de la regarder dans les 17h qui viennent, ça peut valoir le coup. En tout cas, c’était pile ce que j’avais besoin d’entendre, là, dans les marnages du moment.

Peux pas l’intégrer ici, pour la voir il convient de s’inscrire (gratis) sur http://www.sommetdelaconscience.com : vous recevez alors, chaque jour, les liens vers les vidéos, qui restent en ligne 24 heures seulement (c’est comme chez MacDo, le super-cheese-bacon-and-eggs disponible seulement pendant 15 jours, après tu t’en mordras les doigts de l’avoir loupé). Après, pfff, ça disparaît !

Bonne regardance, et portez-vous bien !

Des politiques qui en ont

Je viens de découvrir ce documentaire d’Andreas Dalsgaard à propos de deux maires qui ont transformé en profondeur la capitale colombienne dans les années 1990 : une histoire magnifique qui montre que tout est vraiment possible.

Banale vérité

La vie est difficile.
Cela peut paraitre banal, mais c’est une grande vérité, l’une des plus grandes ; et ce parce qu’une fois que nous la voyons vraiment nous pouvons la transcender.A partir du moment où nous savons que la vie est difficile, que nous le comprenons, alors elle ne l’est plus : une fois accepté, ce fait n’importe plus.

Scott Peck, Le chemin le moins fréquenté, Pocket 1990

Moralité : Walt Disney, arrête de nous empoisonner avec tes « ils vécurent heureux », hein, on gagnera du temps.


(image emprunté à https://fr.wikipedia.org/wiki/Fakir)

Liberté … chérie ?

Voici, tiré du livre Le chemin le moins fréquenté du psychiatre américain Scott Peck, un extrait qui me parle bien :

Lorsqu’un psychiatre diagnostique des troubles du caractère, c’est parce qu’il peut déceler chez le patient un manque de responsabilité assez marqué. Mais nous essayons presque tous, à certains moments, d’éviter – de manière souvent très subtile – la souffrance engendrée par la prise en charge de nos problèmes. […]

(Là, Scott Peck raconte que, lorsqu’il était interne, il s’est englué dans un emploi du temps intenable. Il va alors voir son chef de clinique, Mac Badegely, pour lui demander de résoudre ce problème. mais l’autre, invariablement, lui répond « Je vois qu’effectivement vous avez un problème« . Peck insiste, demande et redemande à l’autre de lui trouver une solution, pour s’entendre finalement dire :  « Scott, je veux que vous m’écoutiez attentivement, et je vais vous le dire encore une fois : vous avez un problème avec le temps. C’est votre problème, pas le mien. Je ne vous en dirai pas plus« . Après des mois de colère, Peck finit par comprendre et accepter la leçon).

Si nous avons des difficultés à assumer la responsabilité de notre comportement, c’est parce que nous ne voulons pas en supporter les conséquences. Lorsque je demandais à Mac Badegely de prendre en charge l’organisation de mon temps, j’essayais de me libérer d’un travail si prenant, pourtant librement consenti.

je voulais inconsciemment accroître l’autorité de Mac Badegely sur moi. Je lui donnais mon pouvoir, ma liberté.[…] Lorsque nous évitons de prendre nos responsabilités, nous les transmettons à d’autres. Mais, ce faisant, nous confions notre pouvoir à ces « autres », que ce soit le destin, la société, le gouvernement ou notre patron.C’est pour cela qu’Erich Fromm intitula si justement son ouvrage sur le nazisme et l’autoritarisme : « La peur de la liberté ». En tentant d’échapper à la douleur des responsabilités, des millions de gens fuient quotidiennement leur liberté.

(Image empruntée au joli blog http://infodoc.blog.free.fr).

Transformer la souffrance

Que pouvons-nous faire pour transformer les graines de souffrance parfois si profondément enracinées en nous ? La pratique nous offre trois façons de les traiter.

La première consiste à semer et arroser nos graines de bonheur. Dans ce cas, nous n’abordons pas directement les graines de souffrance, mais nous faisons en sorte qu’elles puissent être transformées par nos semences de bonheur.

La deuxième manière de gérer notre souffrance est de cultiver la pleine conscience en permanence. Ainsi, lorsque les graines émergeront, nous serons en mesure de les identifier. Nous les baignerons alors dans la lumière de notre pleine conscience. Nos graines sont un champ d’énergie, et la pleine conscience est une formidable énergie elle aussi. C’est ainsi que notre pleine conscience pourra transformer nos graines de souffrance, leur permettant de s’affaiblir au contact de son énergie.

La troisième solution qui s’offre à nous pour prendre soin des afflictions qui nous accompagnent depuis notre plus tendre enfance est de les inviter délibérément à monter dans notre conscience mentale. Nous pouvons inviter la tristesse, le désespoir, les regrets, les désirs qu’il nous était difficile de contacter dans le passé, et simplement nous asseoir pour bavarder avec eux, comme avec de vieux amis. Prenons toutefois la précaution d’allumer notre lampe de pleine conscience avant de les inviter à monter, et veillons à ce que sa lumière soit suffisamment stable et forte.

Thich Nhat Hanh, Prendre soin de l’enfant intérieur, Pocket 2015

C’est ça que j’ai à renforcer : ma petite lampe de pleine conscience débutante !

Turbulences (3)

(Suite de l’article dui 4 mars) C’est bien plus qu’une question professionnelle, donc : je suis face à des limitations mentales qui de longue date m’ont servi à éviter la douleur, les responsabilités et la liberté.

La douleur : selon le psychiatre américain Scott Peck (*), être capable de retarder la satisfaction, et donc d’accepter l’inconfort voire la douleur avant qu’un mieux se produise, est un des outils fondamentaux pour une vie meilleure. Comme quand on garde le meilleur pour la fin, que ce soit jouer après avoir fait ses devoirs, ou manger le glaçage du millefeuille en dernier, ou patienter le temps de préparer un vrai bon repas plutôt que se jeter sur la première junk-food venue. Ou accepter la pluie qui, forcément, un jour laissera la place au beau temps.

Les responsabilités : eh bien oui, je suis responsable des cours de musique que je donne, des arrangements ou compos que j’écris : d’autres les écouteront, et je saurai si ça leur plait ou pas. Je suis aussi responsable des engagements que je prends.
Il y a 2 semaines, j’ai discuté avec une femme qui a fait partie d’un de mes groupes vocaux suspendus fin juin en prévision de ce fameux voyage au long cours. Pas du tout la première fois que j’arrêtais ainsi un projet qui marchait bien. Et, justement, elle me rapportait une conversation avec une membre d’un de mes plus anciens groupes. Celle-ci, apprenant que j’avais encore une fois mis un terme à un projet vocal, s’est écriée « mais c’est dingue, il faut toujours qu’elle arrête ! ». Oups. Et si j’en parle ici, c’est que ça résonne. Pas une découverte, non, mais la conscience que l’univers m’envoie une consigne claire de boulot intérieur. Quel mécanisme me fait lâcher comme ça ? Sais pas, écran, blanc. A creuser.

La liberté : certes je l’ai toujours revendiquée, mais je reconnais en avoir aussi très peur. Parce que ça ne fait pas vraiment partie de la carte mentale héritée de mon éducation. Le connu pour moi, c’est d’en référer à plus haut, plus compétent, plus sûr de lui, plus intelligent, plus « connecté », plus « spirituel ». Mon parcours de vie a ancré en moi une insécurité qui voudrait m’exploser à la figure dès que je quitte le bord de la piscine, quelle qu’elle soit.

Bon alors, ça va un peu mieux en le disant ! Quoi, maintenant ? Savoir me faire accompagner dans cette tempête. Et puis mon entourage, si bienveillant. Les Fleurs de Bach aussi, notamment le n°19 (Courage, espoir) qui me remonte vraiment le moral, je l’ai noté à maintes reprises. Et l’action concrète. Et puis si j’ai mal, eh bien j’ai mal. C’est bientôt le printemps. Bon les gars les filles c’est pas l’tout, j’ai un arrangement à finir, moi. Euh, que dis-je ! J’ai à me dorloter, d’abord, et quand je serai en pleine forme et que j’aurai vraiment envie de finir mon arrangement, je le finirai !

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