Des politiques qui en ont

Je viens de découvrir ce documentaire d’Andreas Dalsgaard à propos de deux maires qui ont transformé en profondeur la capitale colombienne dans les années 1990 : une histoire magnifique qui montre que tout est vraiment possible.

Banale vérité

La vie est difficile.
Cela peut paraitre banal, mais c’est une grande vérité, l’une des plus grandes ; et ce parce qu’une fois que nous la voyons vraiment nous pouvons la transcender.A partir du moment où nous savons que la vie est difficile, que nous le comprenons, alors elle ne l’est plus : une fois accepté, ce fait n’importe plus.

Scott Peck, Le chemin le moins fréquenté, Pocket 1990

Moralité : Walt Disney, arrête de nous empoisonner avec tes « ils vécurent heureux », hein, on gagnera du temps.


(image emprunté à https://fr.wikipedia.org/wiki/Fakir)

Liberté … chérie ?

Voici, tiré du livre Le chemin le moins fréquenté du psychiatre américain Scott Peck, un extrait qui me parle bien :

Lorsqu’un psychiatre diagnostique des troubles du caractère, c’est parce qu’il peut déceler chez le patient un manque de responsabilité assez marqué. Mais nous essayons presque tous, à certains moments, d’éviter – de manière souvent très subtile – la souffrance engendrée par la prise en charge de nos problèmes. […]

(Là, Scott Peck raconte que, lorsqu’il était interne, il s’est englué dans un emploi du temps intenable. Il va alors voir son chef de clinique, Mac Badegely, pour lui demander de résoudre ce problème. mais l’autre, invariablement, lui répond « Je vois qu’effectivement vous avez un problème« . Peck insiste, demande et redemande à l’autre de lui trouver une solution, pour s’entendre finalement dire :  « Scott, je veux que vous m’écoutiez attentivement, et je vais vous le dire encore une fois : vous avez un problème avec le temps. C’est votre problème, pas le mien. Je ne vous en dirai pas plus« . Après des mois de colère, Peck finit par comprendre et accepter la leçon).

Si nous avons des difficultés à assumer la responsabilité de notre comportement, c’est parce que nous ne voulons pas en supporter les conséquences. Lorsque je demandais à Mac Badegely de prendre en charge l’organisation de mon temps, j’essayais de me libérer d’un travail si prenant, pourtant librement consenti.

je voulais inconsciemment accroître l’autorité de Mac Badegely sur moi. Je lui donnais mon pouvoir, ma liberté.[…] Lorsque nous évitons de prendre nos responsabilités, nous les transmettons à d’autres. Mais, ce faisant, nous confions notre pouvoir à ces « autres », que ce soit le destin, la société, le gouvernement ou notre patron.C’est pour cela qu’Erich Fromm intitula si justement son ouvrage sur le nazisme et l’autoritarisme : « La peur de la liberté ». En tentant d’échapper à la douleur des responsabilités, des millions de gens fuient quotidiennement leur liberté.

(Image empruntée au joli blog http://infodoc.blog.free.fr).

Transformer la souffrance

Que pouvons-nous faire pour transformer les graines de souffrance parfois si profondément enracinées en nous ? La pratique nous offre trois façons de les traiter.

La première consiste à semer et arroser nos graines de bonheur. Dans ce cas, nous n’abordons pas directement les graines de souffrance, mais nous faisons en sorte qu’elles puissent être transformées par nos semences de bonheur.

La deuxième manière de gérer notre souffrance est de cultiver la pleine conscience en permanence. Ainsi, lorsque les graines émergeront, nous serons en mesure de les identifier. Nous les baignerons alors dans la lumière de notre pleine conscience. Nos graines sont un champ d’énergie, et la pleine conscience est une formidable énergie elle aussi. C’est ainsi que notre pleine conscience pourra transformer nos graines de souffrance, leur permettant de s’affaiblir au contact de son énergie.

La troisième solution qui s’offre à nous pour prendre soin des afflictions qui nous accompagnent depuis notre plus tendre enfance est de les inviter délibérément à monter dans notre conscience mentale. Nous pouvons inviter la tristesse, le désespoir, les regrets, les désirs qu’il nous était difficile de contacter dans le passé, et simplement nous asseoir pour bavarder avec eux, comme avec de vieux amis. Prenons toutefois la précaution d’allumer notre lampe de pleine conscience avant de les inviter à monter, et veillons à ce que sa lumière soit suffisamment stable et forte.

Thich Nhat Hanh, Prendre soin de l’enfant intérieur, Pocket 2015

C’est ça que j’ai à renforcer : ma petite lampe de pleine conscience débutante !

Turbulences (3)

(Suite de l’article dui 4 mars) C’est bien plus qu’une question professionnelle, donc : je suis face à des limitations mentales qui de longue date m’ont servi à éviter la douleur, les responsabilités et la liberté.

La douleur : selon le psychiatre américain Scott Peck (*), être capable de retarder la satisfaction, et donc d’accepter l’inconfort voire la douleur avant qu’un mieux se produise, est un des outils fondamentaux pour une vie meilleure. Comme quand on garde le meilleur pour la fin, que ce soit jouer après avoir fait ses devoirs, ou manger le glaçage du millefeuille en dernier, ou patienter le temps de préparer un vrai bon repas plutôt que se jeter sur la première junk-food venue. Ou accepter la pluie qui, forcément, un jour laissera la place au beau temps.

Les responsabilités : eh bien oui, je suis responsable des cours de musique que je donne, des arrangements ou compos que j’écris : d’autres les écouteront, et je saurai si ça leur plait ou pas. Je suis aussi responsable des engagements que je prends.
Il y a 2 semaines, j’ai discuté avec une femme qui a fait partie d’un de mes groupes vocaux suspendus fin juin en prévision de ce fameux voyage au long cours. Pas du tout la première fois que j’arrêtais ainsi un projet qui marchait bien. Et, justement, elle me rapportait une conversation avec une membre d’un de mes plus anciens groupes. Celle-ci, apprenant que j’avais encore une fois mis un terme à un projet vocal, s’est écriée « mais c’est dingue, il faut toujours qu’elle arrête ! ». Oups. Et si j’en parle ici, c’est que ça résonne. Pas une découverte, non, mais la conscience que l’univers m’envoie une consigne claire de boulot intérieur. Quel mécanisme me fait lâcher comme ça ? Sais pas, écran, blanc. A creuser.

La liberté : certes je l’ai toujours revendiquée, mais je reconnais en avoir aussi très peur. Parce que ça ne fait pas vraiment partie de la carte mentale héritée de mon éducation. Le connu pour moi, c’est d’en référer à plus haut, plus compétent, plus sûr de lui, plus intelligent, plus « connecté », plus « spirituel ». Mon parcours de vie a ancré en moi une insécurité qui voudrait m’exploser à la figure dès que je quitte le bord de la piscine, quelle qu’elle soit.

Bon alors, ça va un peu mieux en le disant ! Quoi, maintenant ? Savoir me faire accompagner dans cette tempête. Et puis mon entourage, si bienveillant. Les Fleurs de Bach aussi, notamment le n°19 (Courage, espoir) qui me remonte vraiment le moral, je l’ai noté à maintes reprises. Et l’action concrète. Et puis si j’ai mal, eh bien j’ai mal. C’est bientôt le printemps. Bon les gars les filles c’est pas l’tout, j’ai un arrangement à finir, moi. Euh, que dis-je ! J’ai à me dorloter, d’abord, et quand je serai en pleine forme et que j’aurai vraiment envie de finir mon arrangement, je le finirai !

Turbulences (2)

(Suite de l’article du 1er mars)

Ah eh bien oui, je turbule sec ces jours-ci, jusqu’à me rendre physiquement malade. Une belle crise de foi(e) assortie de maux de dos, de tête, d’un torticolis et de vagues angoissées dans le ventre. Le coup du saut à l’élastique de l’autre jour, c’était pas du bidon.

Me voilà face à une barrière de peurs comme pas souvent. Imposteuse, pas cap’, trop tard, qui suis-je pour prétendre…, je n’ai pas l’estomac pour ça d’ailleurs il se retourne rien qu’à l’idée, ce genre de choses me passent par le mental, qui refile le tout à mon corps. Après une journée de totale nausée et une autre à peine mieux, je revis un peu aujourd’hui, au point de voir que ce n’est pas « JE » qui vis cela, mais ma personnalité humaine constituée de mes corps mental, émotionnel et physique.

Une amie à laquelle je m’ouvrais de ces peurs, l’autre jour, m’a glissé qu’au lieu de me noyer dans ces conjectures négatives, j’aurais tout à gagner à agir concrètement, à entrer tout simplement dans l’expérience. Avec une autre amie appelée en soutien, j’ai pris conscience que ce dont j’avais le plus peur était… d’avoir peur.

Mes corps mental, émotionnel et physique résistent au changement, voilà. C’est vrai que j’ai choisi une voie pleine d’incertitudes : vivre de la musique, à 52 ans, en devant faire mes preuves concrètement pour pouvoir m’assumer financièrement. Tout est possible en ce monde, pour peu que nous ayons confiance en nous. Mais, justement, il ne me suffit plus de me dire que j’ai des capacités voire du talent, le temps est venu de les mettre en action, sinon c’est que des histoires que je me raconte en les servant à autrui.

Il y a des jours où je crois, mais je ne suis jamais sûre que ça va durer. Et quand ça ne dure pas, tout est remis en question, incessamment. C’est bien plus qu’une question professionnelle : je suis face à des limitations mentales qui de longue date m’ont servi à éviter la douleur, les responsabilités et la liberté.

… à suivre

Turbulences

Comme quoi rien n’arrive au hasard ! Je viens de trouver dans ma boite mail ce message de Neale Donald Walsh, l’auteur de Conversations avec Dieu (*) :

En ce jour de votre vie, je crois que Dieu souhaite que vous sachiez …
que vous devez vous engager, et une fois que vous l’avez fait,
la vie vous donnera des réponses.

Les Brown a dit cela et il avait raison. Et s’engager signifie
plus que dire « Je vais essayer ». Cela signifie dire « Je suis à fond !
Je m’engage totalement. Même si cela devient difficile. En fait,
surtout si cela le devient. »

Quelqu’un a dit une fois, vieillir donne des rides au corps.
Abandonner donne des rides à l’âme.

Vous n’aurez pas besoin de plus d’une seconde pour savoir
exactement pourquoi vous recevez ce message aujourd’hui.

En effet, pas besoin de plus d’une seconde pour le savoir : Me voilà en pleine zone de turbulences dûes à un méga-changement de paradigme. J’entre en effet dans la phase concrète d’un grand tournant professionnel : après des années de tergiverseries, je me consacre pleinement à la musique avec, outre quelques activités pédagogiques, un projet scénique pro avec diffusion, cachets et tout. Le temps est donc venu, et choisi, de m’assumer sur tous les plans en tant que musicienne. Hier soir, j’ai partagé mes interrogations et auto-limitations (largement fondées sur du vent et des préoccupations administratives cache-misère) avec des amis qui m’ont dit, en gros : lance-toi pour de bon, maintenant, ça t’évitera de laisser ton mental se gargariser en boucle de perspectives aussi fantasmées que terrorisantes. Et puis, hein, tu verras bien.

Je me sens à la lisière d’un grand saut à l’élastique, et mon ventre aussi. Heureusement que mes amis et mes guides sont à mes côtés !

(*) via les traductions en français réalisées sur le site http://www.conversations-avec-dieu.fr/2017/03/01/engagement-ame/.

Image empruntée à http://www.sautelastique.fr.

Génogramme (4)

(Suite des articles Génogramme 1, Génogramme 2 et Génogramme 3)

La première fois, en tant que double d’une participante, je me suis retrouvée assise par terre et portant, soutenant à peu près toute sa famille, notamment une petite soeur qui se blottissait contre moi aussi fort qu’elle pouvait : au bout de quelques minutes, j’en avais littéralement plein le dos et ai dû lâcher des mains et des appuis. Mon mental s’est empressé de me souffler que les faiblesses de mon dos allaient empêcher le travail de se faire, et puis j’ai décidé d’assumer pleinement ce qui était là. Pour m’apercevoir, au fil de la sculpture, que c’était exactement ce dont avait besoin le personnage principal de cette histoire.

Une autre fois, à peine assise, en tant que double encore, à la table familiale, une pression lourde et pénible m’est tombée direct sur le plexus solaire, un genre de cocotte-minute prête à tout péter. Là encore, bingo, c’était exactement ce qu’avait vécu, enfant, la femme concernée.

Et puis aussi le moment où j’ai eu en téléchargement direct l’inspiration des paroles à prononcer pour aider une camarade à voir comment en finir avec une transmission de « patate chaude » de génération en génération. Je n’en reviens pas de cette connexion aux émotions et inconscients des autres !

Que voilà donc une forte semaine, parfois difficile à vivre quand des génogrammes redonnaient émotionnellement vie à des événements traumatisants (d’autant plus quand on incarne le personnage traumatiseur). Mais la cohésion et la bienveillance du groupe et des accompagnants ont permis un bon petit paquet de guérisons et transmutations, ainsi que la naissance d’amitiés.

Alors, immense gratitude pour la précieuse petite voix intérieure qui m’a poussée vers ces rencontres, ces apprentissages et ces nettoyages émotionnels.

Génogramme (3)

(Suite des articles Génogramme 1 et Génogramme 2)

Quelques personnes du groupe, donc, choisies pour camper des membres de ma famille dans cette « sculpture » familiale : mise en espace, en mouvements, en mots d’un vécu douloureux à transmuter. Les protagonistes sont installés dans la pièce. L’animatrice, guidée par son intuition autant que par son savoir ou son expérience, m’a fait diverses propositions, notamment une qui m’a bien aidée à laisser le mental au vestiaire : « quels déplacements voudrais-tu opérer pour aller vers plus de confort ? ». Là, je me suis complètement abandonnée à ce qui se jouait dans nos inconscients à tous.

Mouvements, mains qui se prennent, hugs, paroles de guérison, pleurs. Pas seulement les miens, d’ailleurs. J’ai encore sur ma jambe la sensation de larmes de la femme au si beau regard qui campait ma mère. Aindi donc, chaque génogramme touche tous les présents ?

Le reste de la semaine a été consacré aux génogrammes et sculptures des autres, à chaque fois menés de manière différente Et là, j’ai quelquefois joué les doubles ou les membres de la famille des autres participants. A chaque fois, mon mental m’envoyait des « oh la la, je vais pas y arriver, qu’est-ce que je vais dire, je vais tout faire foirer ». Dans la série « moi je sens rien ». Mais ma petite voix intérieure, qui a pris pas mal de galon ces derniers temps, me soufflait que j’avais juste à laisser faire, et accueillir ce qui se présentait en moi. Et en effet !

… à suivre

Génogramme (2)

(suite de l’article d’hier)

Stage de génogramme, donc. Le lundi matin, l’animatrice nous avait indiqué qu’une demi-journée serait consacrée à chaque personne charge à nous de nous entendre pour un ordre de passage organisé sur la semaine. Notamment, qui voulait bien se jeter à l’eau pour démarrer, l’après-midi même ? Après quelques longues secondes du silence général qui s’en est suivi, j’ai fini par me proposer : autant plonger tout de suite et éviter à mon mental une gamberge dangereuse. Il faut aussi dire que je connaissais les organisateurs, qui sont par ailleurs des pratiquants de pleine conscience à la sauce bouddhiste, et que ma confiance était totale. Donc zou, en route pour l’explo.

J’ai donc présenté mon génogramme, à partir d’un arbre dessiné sur 3 générations (fratrie, parents, grands-parents, avec prénoms et années) affiché sur le mur. L’animatrice du stage me posait les questions les plus à même de faire parler l’inconscient et les émotions plutôt que le mental et donner une idée des relations entre les gens de la famille, des grands événements, des manques, souffrances, petites et grandes joies, gros noeuds, toutes ces sortes de choses. Bizarre de parler de ma tante Mimi à ces personnes que je ne connais pas !

Ensuite, invitation à la mise en « sculpture » : on me demande de choisir quelques personnages de ma famille je souhaite mettre en espace et en mouvement, puis de proposer à des membres du groupe de jouer leurs rôles, et le mien. Là, léger blocage de ma part, genre écran mental tout blanc. Comment choisir des inconnus pour représenter ma famille ? Pffou, et je sais même pas ce qu’on va faire ! Mais quand l’animatrice, voyant que ça coince, se propose de choisir à ma place, déblocage direct : je sens que ce sera plus profitable si le choix vient de moi. Alors pof je me vois désigner une telle pour jouer mon double, un tel pour faire ma grand-mère, etc, et le tout sans réfléchir plus d’une demi-seconde. Je ne me reconnais plus.

… à suivre

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